France Rénovation
Déstratificateurs d'air suspendus sous la charpente d'une grande surface commerciale

Déstratification d'air en tertiaire — dispositif CEE

Déstratification d'air tertiaireBAT-TH-142

Dans un local de plus de cinq mètres, l'air chaud monte et reste en haut. La déstratification le renvoie au sol — et relève d'un dispositif CEE dédié au tertiaire. Six questions pour savoir si votre bâtiment est éligible.

Vérifier mon éligibilitéGratuit, 2 minutes, sans engagement.

Réservé aux bâtiments tertiaires existants de plus de cinq mètres sous plafond, en France métropolitaine. Fiche BAT-TH-142 v. A71.4.

L'air chaud monte. Dans un local haut, il n'en redescend pas.

C'est de la physique, pas un défaut d'installation : votre chauffage produit de l'air chaud, qui s'élève et s'accumule sous le faîtage. Plus le bâtiment est haut, plus l'écart se creuse entre le plafond et le sol — et plus vous chauffez un volume où personne ne travaille.

5 m +28 °C16 °C

Sans déstratification

La chaleur stagne en haut. Pour obtenir 19 °C au sol, il faut pousser le chauffage — et l'écart s'aggrave encore.

5 m +21 °C20 °C

Avec déstratification

Des appareils placés en hauteur renvoient l'air chaud vers le sol, sans produire eux-mêmes de chaleur. La température s'égalise et le chauffage tourne moins.

Températures données à titre d'illustration. L'écart réel dépend de la hauteur du local, du mode de chauffage et de l'isolation, et se mesure lors de la visite.

Quels bâtiments sont concernés

La déstratification d'air relève d'un dispositif de Certificats d'Économies d'Énergie dédié aux bâtiments tertiaires de grande hauteur. Un bâtiment industriel de production relève de la fiche voisine IND-BA-110 : c'est la même opération, nous la traitons également.

Commerces et grandes surfaces

Supermarchés, jardineries, magasins de bricolage, concessions automobiles, showrooms

Souvent 6 à 9 mètres sous plafond et chauffés par rooftops ou aérothermes — le cas le plus favorable, le barème convectif étant le plus élevé de la fiche.

Ateliers et garages

Réparation automobile, carrosserie, centres techniques

Éligibles tant que le local est bien clos. Un atelier dont les portes restent ouvertes sur l'extérieur ne remplit pas la condition, et un atelier de production relève de la fiche IND-BA-110.

Équipements sportifs et collectivités

Gymnases, salles omnisports, salles polyvalentes, salles des fêtes

Grande hauteur par construction et consigne de chauffage au-dessus de 15 °C en occupation. Le dossier passe par les services techniques de la commune ou de l'intercommunalité.

Lieux culturels et cultuels

Salles de spectacle, halls d'exposition, médiathèques, lieux de culte

Hauteurs très favorables, mais souvent chauffés par radiants : le barème radiatif est environ trois fois inférieur au convectif. À vérifier au cas par cas.

Ce que la fiche exclut depuis août 2025

Mieux vaut le savoir tout de suite que de l'apprendre après une visite. La révision de la fiche a resserré le périmètre :

  • Entrepôts logistiques, réserves et locaux de stockage
  • Locaux dont la consigne de chauffage en occupation est inférieure à 15 °C
  • Locaux ouverts sur l'extérieur
  • Bâtiments neufs — la fiche vise le tertiaire existant
  • Chauffage de « zone » ou de « poste » seul

Les brasseurs d'air plafonniers ne sont plus éligibles non plus. Si une offre vous propose des ventilateurs de plafond au titre de ce dispositif, elle porte sur une fiche qui ne les couvre plus.

L'installation en conditions réelles

Grille de diffusion d'un système de déstratification d'air intégré à un réseau de gainage, vue depuis le sol
Technicien en nacelle élévatrice fixant le réseau de gainage d'un système de déstratification sous charpente
Responsable d'un équipement sportif municipal dans un gymnase équipé d'un système de déstratification d'air

Les conditions, en clair

Six conditions, traduites en français courant. Sous chacune, dépliez le texte exact de la fiche — nous préférons que vous le lisiez maintenant plutôt qu'au moment du contrôle.

  • Un bâtiment tertiaire déjà construit

    Commerce, gymnase, atelier, salle : la fiche vise le tertiaire existant, pas le neuf. Un bâtiment industriel de production relève de la fiche IND-BA-110.

    + Texte exact de la fiche

    Secteur d'application : bâtiment tertiaire existant.

  • Au moins 5 mètres sous plafond

    Mesurés sous plafond ou sous faîtage. C'est le seuil en dessous duquel l'air ne stratifie pas assez pour justifier l'opération.

    + Texte exact de la fiche

    Le local équipé d'un système de déstratification d'air a une hauteur sous plafond ou sous faîtage d'au moins cinq mètres.

  • Un local complètement fermé, chauffé à 15 °C ou plus

    Le volume doit être clos, et la température de consigne quand le local est occupé doit atteindre 15 °C. Les entrepôts, réserves et locaux de stockage sont exclus quelle que soit leur hauteur.

    + Texte exact de la fiche

    Local de grande hauteur complètement clos. Les entrepôts logistiques, les réserves, les entrepôts et les locaux de stockage sont exclus. Les locaux ayant une température de consigne de chauffage lorsque le local est occupé strictement inférieure à 15 °C sont également exclus.

  • Un chauffage à air chaud ou par radiants

    Aérothermes, rooftops, CTA, générateurs d'air chaud pour le convectif ; panneaux et tubes radiants pour le radiatif. Les deux se cumulent si le local a les deux.

    + Texte exact de la fiche

    Local de grande hauteur chauffé par un système convectif et/ou radiatif.

  • Un appareil discret, piloté par une sonde

    Le flux ne doit pas dépasser 0,2 m/s à un mètre du sol — vous ne devez pas sentir de courant d'air — et le bruit doit rester sous 45 dB au sol. L'appareil se déclenche sur une sonde placée en hauteur, pas au hasard.

    + Texte exact de la fiche

    Vitesse maximale de 0,2 m/s à un mètre du sol. Le système est asservi à au moins une mesure de température de l'air dans la zone située entre le système de déstratification d'air inclus et le plafond ou le faîtage. Le niveau du bruit au sol du fait du seul fonctionnement du système est strictement inférieur à 45 dB ou 45 dB(A).

  • Une étude préalable signée par un bureau d'études qualifié

    La note de dimensionnement et le calepinage sont obligatoires, et vous les signez avec le bureau d'études. C'est la pièce que le contrôleur demandera en premier.

    + Texte exact de la fiche

    Les besoins en déstratification d'air sont déterminés par une note de dimensionnement et un calepinage, établis par un professionnel ou un bureau d'études ayant une qualification OPQIBI 1327 ou 1905, ou réalisant des études conformément aux référentiels définis par les normes NF X 50-091, NF EN 16247 ou équivalentes.

Depuis le 1er août 2025, les opérations de déstratification font l'objet d'un contrôle sur site systématique — 100 % des chantiers sont visités par un organisme accrédité COFRAC, contre un échantillon pour la plupart des autres opérations. C'est exigeant, et c'est une bonne nouvelle : un dossier monté correctement passe, un dossier approximatif ne passe pas.

Votre bâtiment est-il éligible ?

Six questions, deux minutes. Nous estimons ensuite votre volume de certificats.

Quel type de bâtiment souhaitez-vous équiper ?

La fiche couvre les bâtiments tertiaires existants. Un bâtiment industriel relève de la fiche voisine IND-BA-110 : c'est la même opération, nous la traitons aussi.

Comment se déroule un projet

L'ordre compte, et il n'est pas négociable : le dossier CEE se monte avant le devis, jamais après.

  1. La visite

    Un technicien mesure la hauteur sous faîtage, relève les puissances de vos équipements de chauffage et vérifie que le local est bien clos. Sans cette visite, aucun chiffre n'a de valeur.

  2. La note de dimensionnement

    Un bureau d'études qualifié établit la note de dimensionnement et le calepinage exigés par la fiche : volume à brasser, nombre d'appareils, hauteur de pose, vitesse d'air au sol. Vous la signez avec lui — c'est vous qui validez les hypothèses.

  3. Le dossier CEE, puis le devis

    Le dossier CEE doit être engagé avant la signature du devis de travaux. C'est une règle du dispositif, pas une formalité commerciale : un professionnel qui vous fait signer d'abord vous fait perdre le bénéfice de la prime.

  4. L'installation

    Nos équipes partenaires posent les appareils sous charpente et raccordent la sonde de température. L'intervention se fait en général hors heures d'ouverture pour ne pas arrêter votre activité.

  5. Le contrôle et le versement

    Un organisme accrédité COFRAC vient vérifier l'installation sur place — systématiquement, sur cette opération. Le dossier est ensuite déposé et la prime versée.

France Rénovation pilote votre projet de bout en bout et fait intervenir ses équipes partenaires pour la pose, qui disposent de l'assurance responsabilité décennale exigée par la fiche. Nous ne sommes ni un organisme d'État, ni un fournisseur d'énergie.

Nous affichons un volume en kWh cumac, pas un montant en euros. C'est l'unité dans laquelle la fiche est écrite, et la seule que l'on puisse estimer honnêtement avant d'avoir vu votre bâtiment : sa conversion en euros dépend du prix de rachat négocié au moment du dépôt du dossier.

Les dispositifs CEE évoluent par arrêté. La fiche BAT-TH-142 a été entièrement réécrite au 1er août 2025 : les brasseurs d'air plafonniers en ont été exclus, les entrepôts et locaux de stockage également, et le mode de calcul a changé. Un interlocuteur sérieux vérifie le statut de la fiche au moment de votre demande plutôt que de s'engager sur un montant à l'avance.

Nous ne pratiquons pas le démarchage téléphonique à froid : vous n'êtes rappelé que si vous avez rempli le formulaire ci-dessus. Si un interlocuteur se présente comme mandaté par l'État ou par votre fournisseur d'énergie, ou annonce un montant avant d'avoir vu votre bâtiment, vous pouvez le signaler sur SignalConso ou au 33700.

Page rédigée sur la fiche d'opération standardisée BAT-TH-142 v. A71.4, applicable aux opérations engagées depuis le 1er août 2025 et avant le 1er août 2030.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que la fiche CEE BAT-TH-142 ?

C'est la fiche d'opération standardisée qui permet de financer l'installation d'un système de déstratification d'air dans un bâtiment tertiaire existant, via les Certificats d'Économies d'Énergie. Sa version actuelle, A71.4, s'applique aux opérations engagées depuis le 1er août 2025 et jusqu'au 1er août 2030. Elle a été profondément révisée par l'arrêté du 27 juin 2025 : les brasseurs d'air plafonniers en ont été exclus, de même que les entrepôts et les locaux de stockage, et le mode de calcul a été entièrement refondu.

Est-ce que l'installation est gratuite ?

Non, et méfiez-vous de quiconque l'affirme. Les Certificats d'Économies d'Énergie financent une partie de l'opération, jamais la totalité en tertiaire. Ce qui est gratuit et sans engagement, c'est la vérification d'éligibilité sur cette page, la visite technique et l'estimation qui en découle. Le reste à charge dépend de votre bâtiment et vous est annoncé avant toute signature.

Pourquoi n'affichez-vous pas un montant en euros ?

Parce qu'il serait faux. La fiche s'exprime en kWh cumac, et la conversion en euros dépend du prix de rachat du kWh cumac, qui est négocié et qui varie dans le temps. Nous préférons afficher le volume de certificats auquel votre bâtiment ouvre droit — que l'on peut estimer honnêtement — plutôt qu'un montant en euros qui donnerait une fausse impression de certitude.

Quelle hauteur faut-il au minimum ?

Cinq mètres sous plafond ou sous faîtage. C'est un seuil strict, sans tolérance : en dessous, l'air ne stratifie pas suffisamment pour que l'opération soit financée, et le dossier est refusé. C'est la première chose que nous vérifions, et c'est aussi la première chose que mesurera le contrôleur.

De quoi dépend le volume de certificats ?

De trois choses seulement depuis la refonte d'août 2025 : la puissance nominale de votre système de chauffage exprimée en kilowatts, votre zone climatique H1, H2 ou H3, et la nature convective ou radiative du chauffage. Le barème convectif est environ trois fois supérieur au barème radiatif. Fait contre-intuitif, la zone H3 méditerranéenne donne un coefficient légèrement supérieur à la zone H1. En revanche, la hauteur et la surface du local n'entrent plus dans le calcul — elles ne servent qu'à l'éligibilité et au dimensionnement.

Mon bâtiment est industriel, suis-je concerné ?

Oui, mais par la fiche voisine IND-BA-110, qui couvre exactement la même opération en bâtiment industriel. Les conditions techniques sont quasiment identiques : mêmes exclusions, même vitesse d'air maximale de 0,2 m/s, même asservissement à une sonde de température. Deux différences seulement : le critère acoustique de 45 dB ne s'y applique pas, et le bureau d'études doit détenir une qualification adaptée à l'industrie. Notre questionnaire vous oriente automatiquement vers la bonne fiche.

Les brasseurs d'air de plafond sont-ils éligibles ?

Non, plus depuis le 1er août 2025. La fiche exclut explicitement les brasseurs d'air plafonniers. Si une entreprise vous propose des ventilateurs de plafond de grand diamètre en vous annonçant une prime au titre de ce dispositif, l'information n'est plus à jour et le dossier sera rejeté au contrôle.

Y a-t-il vraiment un contrôle sur place ?

Oui, systématiquement. Depuis le 1er août 2025, les opérations de déstratification d'air font l'objet d'un contrôle sur site à 100 %, contre un simple échantillonnage pour la plupart des autres opérations. Un organisme accrédité COFRAC vient vérifier que l'installation existe, qu'elle correspond au dossier et qu'elle respecte les critères de la fiche. C'est contraignant, mais cela protège aussi votre investissement : une installation conforme est une installation qui fonctionne.

Vais-je sentir un courant d'air ou entendre du bruit ?

Non, et c'est encadré par la fiche elle-même. Le flux d'air ne doit pas dépasser 0,2 mètre par seconde à un mètre du sol, une vitesse à laquelle on ne perçoit pas de courant d'air. Le bruit au sol dû au seul fonctionnement du système doit rester strictement inférieur à 45 décibels, soit le niveau d'une conversation à voix basse. Ces deux valeurs figurent sur l'attestation et sont vérifiables au contrôle.

Dois-je signer le devis avant ou après le dossier CEE ?

Après, impérativement. Le dispositif exige que la demande de CEE soit engagée avant la signature du devis de travaux, au titre de ce que la réglementation appelle le rôle actif et incitatif. Un professionnel qui vous fait signer le devis d'abord vous fait perdre le bénéfice de la prime, définitivement. C'est un bon test pour distinguer un interlocuteur sérieux d'un vendeur pressé.